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Ce qu'ils en ont écrit

Critiques sur mes publications XXV


"Waarden op de Godot".
Opféierungen am Escher Theater

Zum Stéck a ménger Iwwersetzung

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Originalansicht

Le Jeudi, 19 février 2015

b)

Originalansicht

Tageblatt, 26. Februar 2015

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« D’Leit sinn Aarschlächer »


Ian de Toffoli

Dans sa traduction du Godot de Beckett, Guy Wagner réussit à faire réapparaître cette tonalité tout à fait étrange de la pièce

Quand on la traite en classe, la plus connue des pièces de Beckett, En attendant Godot, n’est jamais sans laisser de fortes impressions auprès des étudiants. Mais non seulement d’incompréhension – absence d’une véritable histoire et de ces marqueurs structuraux auxquels on s’attend d’habitude, comme une mise en situation ou un dénouement, ainsi qu’une communication constamment mise à mal –, mais également de stupéfaction devant ce que cet auteur s’est tout simplement permis de faire au théâtre (et on se rappelle que les premières représentations de la pièce furent un véritable scandale : on huait, on sifflait, on sortait en masse), voire d’admiration devant cette langue épurée, devant cette mise à nu de quelque vérités essentielles concernant l’homme : l’angoisse, la solitude, la condition humaine. Beckett, sans doute plus qu’aucun autre, c’est l’essence même du théâtre.

Guy Wagner a achevé la traduction de cette pièce que Beckett a d’abord publiée en français, en 1952, aux éditions de Minuit, en 2001. Mais il ne s’agissait pas de sa première traduction : il s’était déjà attaqué à Ohio Impromptu, en 1999, dix ans après le décès de Beckett, et un bon nombre d’autres pièces ont suivi, dont certaines ont été mises en scène sous l’impulsion du directeur du Théâtre d’Esch, Charles Muller, comme Endspill, en 2006 et Stëmmen a Stëllten, en 2011 (réunissant That Time, Rockaby, Ohio Impromptu et Krapp’s Last Tape, où Krapp fut joué par le regretté Marc Olinger). Waarden op de Godot est ainsi le troisième spectacle de Beckett présenté sous la régie de Charles Muller. Jules Werner et Germain Wagner interpréteront les rôles des deux vagabonds Vladimir et Estragon.

Pour Guy Wagner, ces traductions sont quelque chose comme une dette qu’il s’agit de repayer à l’immense auteur que fut Beckett, dont il n’est pas seulement un avide lecteur, mais dont il s’est senti si proche – ayant longuement réfléchi à la langue de Beckett, son écriture et sa pensée – qu’il était en mesure de réaliser cette œuvre (la traduction) de longue haleine qui a duré, avec des intermittences, plus de huit ans.

Le résultat final est certainement resté fidèle et très proche au langage épuré de l’auteur, à son rythme qui a quelque chose d’une rapidité qui a du mal à démarrer, mais il y a autre chose qui nous fascine dans la traduction d’En attendant Godot, de Guy Wagner, qui a plutôt à voir avec la tonalité, le registre de la pièce. « Je tenais à montrer que le luxembourgeois n’était pas moins à même que d’autres langues de tout dire, tout exprimer », dit Guy Wagner.

Et c’est exactement cela : simplement dit, le texte de Guy Wagner passe comme une lettre à la poste. En le donnant à lire à mes étudiants, ceux-ci éprouvaient un véritable plaisir à la lecture. Leurs commentaires variaient du « cela se lit très bien, c’est fluide » à l’habituel « il y a une authenticité dans ces dialogues ». Ce à quoi je répondais que « authenticité » ne voulait absolument rien dire en analyse d’un texte littéraire qui tente toujours d’imiter, plus ou moins (et ce plus ou moins est très important), une certaine norme langagière. Mais ce n’est pas tout à fait non plus d’imitation qu’il s’agit ici, mais Guy Wagner réussit à faire réapparaître dans son texte en luxembourgeois cette tonalité tout à fait étrange de la pièce, cette langue à la fois maladroite, cahoteuse, irrégulière, interrompue, fragmentée, familière et poétique, élégante, touchante, simple, minimaliste, immédiate – par exemple : « Estragon : Wat ass dat fir een [Bam] ? Vladimir : ‘t géif ee mengen eng Trauerweid. Estragon : Wou sinn d’Blieder ? Vladimir: Si wäert oofgestuerwe sinn. Estragon: Ausgetrauert. »

Il y a une dimension profondément humaine dans la relation de ces deux vagabonds, dans leur communication hasardeuse, dans leur façon de s’aimer et de se détester un peu, dans leurs répétitions naïves, comme si se parler était leur seule façon de défendre contre les forces entropiques du monde même, de constater qu’ils sont toujours en vie. Cette dimension a été préservée en langue luxembourgeoise, elle rayonne d’autant plus fortement, même.

d'Lëtzebuerger Land, 27. Februar 2015

d)

„Waarden op Godot“ im Escher Theater

Es muss ohne Olinger gehen

Interview: Daniel Conrad

Es hätte ein Triumph werden können. Regisseur Charles Muller hatte Marc Olinger eine Rolle in „Waarden op Godot“ angeboten. „Marc hatte sich sehr darauf gefreut, den Pozzo zu spielen. Er hatte wieder Lust am Spielen gewonnen und wäre sicher herausragend aufgetreten“, betont der Escher Theaterchef. Doch Olingers Tod im Januar wirft nun einen Schatten auf die morgige Premiere der Beckett-Inszenierung in luxemburgischer Sprache. Für die Umbesetzung hat Muller eine ungewöhnliche Lösung entwickelt.

Herr Muller, Sie hatten Marc Olinger in der Rolle des Pozzo vorgesehen. Wie gehen Sie mit dem Verlust um?

Das ist immer noch ein herber Schlag, der nicht nur mich, sondern auch die ganze Luxemburger Theaterwelt getroffen hat. Privat ist das ein sensibles Thema für mich. Wir haben über die Jahre immer ein sehr gutes Verhältnis gepflegt und ich bin über den Verlust noch sehr traurig. Ich habe nicht nur einen Kollegen, sondern einen echten Freund verloren.

Was hatte er denn für Ideen in Ihre Inszenierung von Becketts bekanntem Stück in der Textfassung von Guy Wagner einbringen wollen?

Marc war in der Vorbereitung sehr kooperativ und brachte sich sehr ein, zumal er das Stück und Becketts Arbeit insgesamt sehr hoch schätzte. Er kannte die Herausforderungen sehr genau und er hatte auch die Lust, sein ganzes Können aufzubieten. Vor eineinhalb Jahren hätte er die Rolle des Pozzo in Nice spielen sollen. Doch sein erster Herzinfarkt hinderte ihn daran. Daher bot ich ihm gerne die Gelegenheit, den Tyrannen dann in meiner Inszenierung doch noch spielen zu können. Das hat ihn unglaublich gefreut.

Wie lösen Sie die notwendige Umbesetzung?

Wir besetzen Fabienne Hollwege als Lucky und Christiane Rausch als Pozzo. Dass damit ursprünglich männlich besetzte Rollen von Frauen gespielt werden, tut der Botschaft des Stücks keinen Abbruch. Die Figuren, die Beckett geschaffen hat, sind jenseits aktiver Sexualität und quasi geschlechtslos. Rein textlich werden sie zwar männlich angesprochen, aber mir geht es um das Spiel, das die beiden einbringen. Sie geben den Rollen neue Feinheiten. Pozzo als Tyrann braucht nicht mehr zu poltern. Vielmehr finde ich es bemerkenswert, welche neuen Facetten ein spitzfindiger, fast schneidender Umgang aus der Rolle hervorbringt. Das tut dem Stück sehr gut.

Becketts Werke bergen oft eine große Dunkelheit  ...

Im Gegenteil, der Humor kommt nicht zu kurz. Germain Wagner und Jules Werner geben als Estragon und Wladimir ein wirklich perfektes Paar wie Laurel und Hardy ab. Es ist eine unglaubliche Freude, den beiden zuzuschauen. Sie kitzeln das Ironische dieser Wartesituation hervor, und das begeistert sicher auch die Zuschauer.

Luxemburger Wort, 26. Februar 2015

 

 

 

 

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